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Orville Small et Sabrina Buis The great experiment

18 juillet 2008 - Danse
Orville Small et Sabrina Buis The great experiment

Parce qu’il a l’habitude de manger toutes les deux heures, c’est un Orville affamé que nous rencontrons pour l’interviewer avant sa répétition pour la présentation de son nouveau show dans le cadre du Mondial de la Salsa 2005…

Pouvez-vous vous présenter ?

OS : Je m’appelle Orville Small, je suis né à Montréal, au Canada. J’ai habité au Canada pendant un moment et maintenant je vis en Hollande.

SB : Mon nom est Sabrina Buis, je viens de Hollande.

Avant de danser la salsa, pratiquiez-vous d’autres danses ?

OS : Je faisais un peu de hip hop, mais c’est tout, je ne pratiquais pas vraiment d’autres danses.

SB : J’ai fait du twirling bâton pendant quinze ans je pense, ainsi que de la danse classique et du jazz.

Comment avez vous découvert la salsa ?

OS : Il y a cinq ans, je suis allé dans un club avec des amis, ce ont eux qui m’ont fait connaître la salsa. J’ai commencé à me dire que c’était vraiment chouette, et j’ai commencé à danser, j’ai pris quelques leçons… J’avais attrapé le virus ! Mon professeur s’appelait Sherryl, elle enseignait dans une école appelée « La Salsera ». J’ai pris des leçons avec elle pendant treize semaines. J’ai arrêté les cours collectifs, j’ai pris quelques cours particuliers et voilà.

SB : J’ai commencé par prendre des cours de salsa régulièrement, puis j’ai été contacté par un groupe hollandais (Salsa Dance Squad), et cela m’a rendue encore plus accro.

Comment avez-vous commencé à travailler ensemble ?

SB : Cela fait environ un an et demi que nous nous sommes rencontrés…

OS : Nous nous sommes rencontrés en Hollande. J’y étais allé pour faire un show avec ma partenaire de l’époque et Sabrina était là avec sa troupe. Nous nous sommes rencontrés, nous avons fait quelques danses ensemble et ensuite nous avons gardé le contact. Il nous arrivait également de nous rendre dans le pays de l’autre pour travailler ensemble et voilà…

SB : C’est comme ça que nous sommes restés ensemble.

Quels sont les professeurs et danseurs que vous admirez ?

OS : C’est difficile parce qu’il y en a beaucoup. Il y a tellement de gens qui font des choses vraiment bien. Mais si je dois en choisir quelques-uns uns, je dirais Ismael Oterro, Gordon Neil, Frankie Martinez, Juan Matos, Super Mario, Al et Eddie. Je ne connais pas tellement les danseurs européens, c’est pour cela que je suis tellement enthousiaste à l’idée de les voir (NDLR : au Mondial de la Salsa 2005). J’ai entendu parler de quelques-uns uns d’entre eux mais je ne les connais pas tellement. Aux Etats-Unis il y Griselle (NDLR : Griselle Ponce), ChaChi, les frères Vasquez, et puis d’autres encore, les pionniers de la salsa.

SB : Et pour moi, c’est simple c’est pareil. Pour les danseuses, j’aime beaucoup Griselle, Kani, Susana Monterro et Lorie Perez (NDLR : la partenaire de Frankie Martinez)

Comment créez-vous vos chorégraphies ?

OS : Je ne sais pas vraiment. Cela me prend beaucoup de temps. Je veux dire, je peux créer une chorégraphie en deux minutes, ce n’est pas un problème. Mais cela me prend réellement longtemps de créer une chorégraphie que j’ai envie de danser. Par exemple, la chorégraphie que je présente pour le premier soir du congrès (NDLR : Mondial de la Salsa 2005), j’ai commencé à travailler dessus avant novembre, et je ne l’ai terminée que ce mois-ci. Mais si je n’ai qu’à assembler des morceaux différents ce n’est pas aussi long. Sinon les idées viennent jour après jour. J’ai une idée un jour, que je mets de côté, et le lendemain il y en a une autre… et c’est pour cela que cela me prend autant de temps.

Tu fais aussi des DVDs pédagogiques…

OS : Oui et je suis très étonné de l’accueil qui est réservé au dernier, je l’ai filmé et monté il y a environ un an, et il marche plutôt bien. J’adore faire cela, je pense que cela demande une grande préparation et une grande attention pour faire passer exactement le message que l’on veut. Regarder un DVD, ce n’est pas comme d’assister à un cours où le professeur est en face de vous et peut vous corriger, et lors duquel il y a un vrai dialogue. Il faut être très précis, et cela prend beaucoup de temps et de préparation mais j’aime beaucoup le faire.

Il y en a d’autres en projet ?

OS : Oui, mais pour le moment j’ai mis ça en veille. J’ai commencé à réfléchir sur des mouvements du corps et des passes, mais pour le moment, notre show nous demande beaucoup de temps et nous nous y consacrons entièrement.

Quels sont vos musiciens préférés ?

OS : Aie, on m’a déjà posé cette question auparavant, mais pour moi il n’y en a pas un que j’écoute plus que les autres. Il y a tellement de gens brillants… Mais je me sens proche du Spanish Harlem Orchestra, parce que j’ai fait une tournée avec eux au Japon, et le fait d’être proche d’eux et d’être sur scène avec eux, c’est devenu un peu plus personnel. Alors si je devais choisir un groupe, ce serait eux. Je n’ai pas eu ce type d’opportunité avec d’autres orchestres.

Quel aspect de votre travail préférez-vous ? Danser en soirée, enseigner, danser sur scène… ?

OS : Auparavant je préférais la compétition, mais je suis en train d’évoluer… J’ai plus de centres d’intérêt maintenant. J’aime toujours faire de la scène, mais j’adore enseigner. J’aime réellement enseigner…

SB : Moi, c’est la scène que je préfère. J’enseigne de plus en plus, mais j’aime vraiment faire de la scène. J’adore l’adrénaline que cela procure.

Orville, tu aimerais donner des cours collectifs régulièrement ?

OS : Oui bien sûr, lorsque mes os ne pourront plus bouger, je serai assis dans une chaise à dire : « le pied gauche devant » ! Je ne donnais pas de cours collectifs réguliers au Canada, parce que j’avais un travail à plein temps… Je donnais des cours particuliers.

Vous aimez toujours autant la danse en soirée ?

OS : Oui je pense que c’est également la beauté de la salsa, danser avec des personnes que vous n’avez jamais rencontrées auparavant. Tout le monde a un style qui lui est personnel, sa propre manière de faire les choses et c’est vraiment chouette.

SB : Oui ! ! ! parce que c’est vraiment très différent de danser des chorégraphies, c’est plus libre, plus relax, plus drôle !

Connaissez-vous des danseurs français ?

OS : Mathieu ! (NDLR : d’Uforia) J’adore ce mec ! Je l’ai rencontré une fois au UK Congress et je l’ai tout simplement adoré, je suis très impatient de le voir. Je lui ai apporté un cadeau ! Je l’ai rencontré pendant mes workshops. C’est la première personne à qui j’ai parlé en Français pendant le Congrès.

Au Canada, la salsa a-t-elle beaucoup évolué depuis tes débuts ?

OS : Oh oui… Je ne veux pas dénigrer un style, mais les villes les plus à la pointe de ce qui se fait en salsa, sont plus tournées vers le deux et le LA Style. Lorsque vous vous écartez de ces villes, les gens dansent plus la cubaine .

En France, il y a un peu une polémique, danser sur le un ou le deux… Qu’en pensez-vous ?

SB : J’aime les deux.

OS : Mon objectif, lorsque je vais danser dans une soirée, c’est de danser avec tout le monde. Je m’attache donc à danser tant sur le un que sur le deux. Je ne cherche pas des danseuses qui dansent plutôt l’un ou l’autre. Non, je veux danser avec tout le monde. Vous savez, les vrais bons danseurs, qui sont réellement « mûrs », s’en moquent ! Tout ce qui leur importe est que cela soit beau. Le fait d’accepter et de rassembler tous ces différents styles est un signe de maturité.

Quels sont vos projets dans les semaines et les mois qui viennent ?

OS : Préparer une nouvelle chorégraphie. Nous allons aller en Ecosse et en Irlande, à Londres. Nous allons voyager beaucoup. Et peut-être aussi commencer un autre DVD.

Vous voyez-vous danser encore la salsa dans vingt ou trente ans, comme les Palladium Mambo Legends ?

OS : Je ne sais pas si je danserai toujours, mais je serai toujours impliqué dans ce milieu.

SB : Je ne peux pas réellement répondre à cette question, pour le moment il est clair que je ne veux pas arrêter de danser mais dans vingt ans ?

OS : Les Palladium Mambo Legends sont terribles. Ils méritent le plus grand respect. C’est comme Moïse écartant les eaux. Ils marchent et tout le monde s’écarte. Il faut respecter les aînés, qui ont été des pionniers. Ils sont l’essence de tout.