Menu

Sacuye Latin Dancers Sexy Swedish Salsa…

18 juillet 2008 - Danse
Sacuye Latin Dancers Sexy Swedish Salsa…

Ex « Club Latino », les Sacuye Latin Dancers ont marqué les esprits avec leurs chorégraphies « Thriller », et « Aladino Latino ». Ils sont capables de passer d’une chorégraphie de rumba à un hommage à Bob Fosse… Rencontre avec quatre danseurs aux origines métissées amoureux de la « combinacion perefecta » qu’est pour eux la musique salsa.

Pouvez-vous vous présenter l’un après l’autre, et nous raconter votre parcours de danseur et comment vous avez découvert la salsa ?

MP : Je m’appelle Marina Prada. Ma mère est suédoise et mon père est vénézuélien. Je danse depuis que je suis toute petite. J’ai commencé par la danse classique, j’ai fait du contemporain, du jazz, de la salsa, tout ce qu’on peut faire ! Je suis allée à la Royal Ballet School.of Performing Arts à Stokholm, en Suède. Je suis rentrée au Royal Ballet. Je fais de la scène depuis vingt ans ! Je danse la salsa depuis longtemps : mon père est vénézuélien, nous dansons la salsa dans les fêtes de famille. Je détestais ça, parce que je devais avec mes oncles, vous savez « cumbia step, cumbia step… » Quand j’étais au Venezuela, je suis allée dans un club salsa à Caracas. Ensuite, je suis rentrée en Suède, et je cherchais des endroits où danser, cela me manquait, je ne connaissais pas d’endroit pour sortir, je suis allée à La Isla bien sûr, et j’ai commencé à danser avec les danseurs cubains. La Isla est le seul club salsa à Stokholm depuis une quinzaine d’année. C’était en 1986, quelque chose comme ça. J’avais seize ou dix sept ans, et je n’avais pas le droit d’aller là-bas car je n’étais pas majeure. Il y avait seulement des cubains, et des chiliens, avec cette manière de danser ancienne, le style cumbia . Et puis je ne sais plus comment, j’ai commencé à enseigner, je faisais seulement « toum toum toum, toum toum toum », c’était comme cela que l’on enseignait à l’époque. Et puis, nous avons fondé une troupe, Club Latino, et nous sommes allés la première édition du Congrès de Puerto Rico, parce que nous en avions entendu parler, et nous avons fait un show horrible de trois minutes. C’était le Congrès de Puerto Rico 2000… C’était super ! J’ai dansé avec tout le monde dans les différentes cours. Apres quand vous rentrez chez vous en Suède, vous êtes le meilleur, parce que vous êtes le seul à danser la salsa !

IR : Mon nom est Ibirocay Regueira, on m’appelle Ibi, j’ai commencé à danser le folklore latino-américain quand j’étais petit, avec mes parents. Je suis originaire d’Uruguay. J’ai ensuite commencé à danser le hip hop, puis le break dance, j’ai essayé plein de choses, le jazz, etc, mais tout cela seulement comme loisir. Je n’avais jamais dansé professionnellement. J’ai commencé la salsa il y a environ dix ans, avec mon professeur de street dance. Il à commencé à enseigner la salsa en Suède. J’ai aussi commencé avec le cumbia step. Ensuite, je suis allé à Madrid, en 1997, j’ai appris là-bas le style cubain. Je suis rentré à Stokholm, où j’ai enseigné ce que j’avais appris à mes amis, et j’ai arrêté. J’ai alors rencontré Marina, qui m’a présenté les gens de Club Latino qui partaient à Puerto Rico. C’était l’année avant noter show « thriller routine », qui nous a fait connaître. Tout le reste a découler de cette chorégraphie. Et maintenant nous faisons de la scène ensemble.

ES : Je m’appelle Erik Sisfontes, ma mère est suédoise et mon père costaricain. Je danse depuis 4 ans. J’ai commencé par le style cubain, j’ai ensuite après le CBL style. Ensuite, j’ai attiré l’attention de Ibi, il a créé un cours appelé « performance class » … Ils m’ont proposé de rejoindre la troupe. ESDLS 2005 est ma première scène avec Sacuye dans ce pays.

MP : C’est son premier voyage !

MH : Je suis Mira Hannula, je suis née en Suède. Ma mère est finlandaise et mon père palestinien. Je danse comme une américaine, c’est bizarre ! J’ai commencé la gymnastique lorsque j’avais quatre ans, j’en ai fait pendant douze ans. Pendant cette période, j’ai aussi pris de cours du soir dans différentes sortes de danse, le jazz, la danse classique, des cours destinés aux enfants qui souhaitent faire des shows, mais ma formation de base est la gymnastique. J’ai commencé à danser la salsa lorsque je suis allée au lycée. Je ne savais pas ce que c’était que la salsa lorsque j’ai pris mon premier cours, cela me semblait être quelque chose d’exotique. Je suis allée à Cuba, cela avait l’air tellement simple, j’ai vu les gens sur scène et je me suis dit que je serai capable de faire la même chose. Et c’est comme ça que j’ai commencé parce que je voulais aussi être sur scène. Je suis revenue en Suède, j’ai continuer à prendre des cours avec Club Latino pendant trois mois, et ils m’ont proposé de rejoindre la troupe, nous avons commencé à travaillé sur la « thriller routine », deux ou trois mois après nous sommes allés en Hollande où nous avons gagné une compétition organisée par Albert Torrès. J’ai commencé à danser et dix mois après je faisais des scènes à l’étranger, c’est allé très très vite, je continuais d’apprendre et je faisais de la scène, j’enseignais, j’étais une élève et un professeur. C’était il y a deux ans.

Comment préparez-vous vos chorégraphies ?

IR : Au départ, l’un des membres de la troupe vient avec une idée. Un rêve, une image, etc… et il la présente aux autres. La personne qui a amené son idée devient le « directeur artistique » pour cette chorégraphie. Mais lorsque nous travaillons les passes et tous les pas, chacun d’entre nous propose ses idées, nous prenons les meilleures, le « directeur artistique » de cette chorégraphie décide quelle partie fonctionne ou ne fonctionne pas. Parfois, il y des chorégraphies que nous faisons tous ensemble, parce que tout le monde amène ses idées, mais en général nous avons une personne responsable.

Qui choisit les musiques ?

MP :C’est généralement Ibi qui choisit les musiques, il fait aussi tous nos mix.

IR : J’amène plusieurs musiques au groupe, je leur dit « voilà, j’ai cinq morceaux, lequel préférez vous ? Celui-ci il sonne mieux … Ok ! » Je prend le morceau et le mixe.

Quels sont les avantages et les inconvénients du travail de groupe ?

MH : On s’éclate vraiment ensemble !

MP : Oui, tant au niveau professionnel que dans la vie privée… Je vois parfois les danseurs de la troupe plus que je ne vois ma propre famille, ils sont un peu comme une deuxième famille pour moi maintenant. Ils me manquent quand je ne les vois pas.

IR : C’est très difficile de séparer le bon du mauvais. Par exemple nous avons beaucoup besoin les uns des autres, vous pouvez voir cela comme un avantage ou un inconvénient. L’un des principaux avantage d’être un groupe, c’est que les chorégraphies sont plus complètes. Parce que, si vous ne dansez qu’à deux, il peut y avoir un morceau trop long, vous ne pouvez pas faire des transitions avec des déplacements de couples. C’est plus facile de faire des chorégraphies de groupe. Mais c’est également difficile de travailler en groupe parce qu’il y a beaucoup d’opinions différentes à accorder.

Qui a chorégraphié la chorégraphie « Thriller » ?

MP : C’est tout le gr…

IR : Michael Jackson ! (ndlr : rires)

Et le show du Chameau ?

IR : La première partie , le cha cha cha nous l’avons faite tous ensemble, …

MH : J’en ai fait une bonne partie. IR : Mira en a fait une bonne partie, une bonne partie de la danse de couple a été faite par Mira, Marina, Myriam et moi.

MP : Mais pour l’histoire c’est Lautaro qui l’a amenée

MH : Oui, Myriam a juste dit « je veux faire le chameau » ! Et nous l’avons tous regardée atterrés… « Le chameau ? ? ? »

IR : Elle avait vu quelqu’un imiter des animaux avec des costumes délirants et elle nous a dit qu’elle voulait simplement le faire aussi.

MP : Le seul problème de cette chorégraphie, « Aladino Latino », était le transport du chameau.

IR : Ah, le chameau ! (ndlr : en français dans le texte, l’air atterré)

MP : Quand on est arrivé à la douane à Paris, on nous ont demandé ce que nous avions dans cette grosse boite et nous avons répondu « Euhh… du chameau » (ndlr : en francais)

Que représente l’enseignement pour vous ?

MP : Je suis enseignante pour les enfants, je leur enseigne le suédois et l’espagnol. Et j’enseigne également la danse aux enfant depuis déjà … une quinzaine d’années ! et j’adore ça ! J’aimerais bien enseigner plus la salsa, ce semestre nous avons deux groupes de jeunes et c’est bien, j’aimerais qu’il y ait plus de jeunes suédois qui apprennent la salsa.

MH : Nous avons une académie de danse, et nous enseignons régulièrement, nous avons douze cours par semaine, nous enseignons donc beaucoup dans la semaine en Suède. Et lorsque nous voyageons le week end, nous enseignons également : des atelier, des initiations, et lorsque nous allons dans des soirées, nous enseignons aussi. Mais je crois qu’aucun d’entre nous ne voudrait le faire à plein temps. Si vous enseignez trop, cela devient comme un travail, avec les aspects négatifs liés à ça, « pfff, je dois donner mon cours… ». Alors que si vous ne faites que deux cours par semaine vous êtes impatients de les donner, vous voulez transmettre tout ce que vous savez. Pour moi quelques cours par semaine cela me suffit, même si je ne veux pas arrêter.

IR : C’est aussi important, la manière dont cela vous touche personnellement. Ma danse est toujours en train d’évoluer, je veux apprendre davantage, pas seulement en salsa. Je veux danser plus encore moi-même, et plus j’enseigne moins j’ai de temps pour apprendre d’autant que j’ai un travail pendant la journée. Il faut faire un choix. Comme le disait Mira, si on enseignait davantage, cela deviendrai une routine, ce serait ennuyeux. Moi je m’amuse toujours lorsque je danse !

Et que préférez vous enseigner, danser sur scène, en soirée ?

IR : La scène !

MH : La scène et la danse en soirée. Si je devais enlever une chose ce serait l’enseignement.

IR : La musique est …

MH : comme un poison.

IR : Elle est tellement complète, l’afro, les musiques espagnoles, européennes, nord américaines, sud américaines : « la combinacion perfecta » il y a tout ça dans la salsa. Et si vous me demander d’abandonner cela pour seulement enseigner : c’est hors de question !

MP : Je le dirais différemment. J’ai grandi avec la salsa , c’est l’air que je respire. Je ne pourrais vraiment jamais abandonner la danse en soirée. Si je devais abandonner un aspect, ce serait la scène.

I : Marina est sans doute celle qui a fait le plus de scènes de façon professionnelle, c’est sûrement ce qui explique son choix.

MP : La salsa est un acte social, c’est un moyen de communiquer, c’est un autre langage, et c’est ce que j’aime. Peu importe où vous allez dans le monde, il y a des gens qui dansent la salsa, et vous pouvez réellement leur « parler », c’est tellement beau.

Que pensez vous du style Français, pensez vous qu’il y en a un ?

I : Non, il n’y a pas de style français. Je pense plutôt qu’il y a un style européen, mais je n’irai pas jusqu’ dire qu’il y a un style français ou espagnol …. En ce moment par exemple en Espagne tout le monde danse sur le un , le LA Style parce que Johnny (ndlr : Vasquez) est allé la bas, mais donnez leur encore cinq ans et tout le monde dansera sur le 2. En Suède, c’est la même chose tout le monde dansait la cubaine, puis le CBL style et tout le monde dansera bientôt sur le 2. Puis il reviendront sur le 1 puis sur le 2 …. Parce que c’est comme un cycle, en fonction de ce qui est à la mode ou ce qui ne l’est pas.

Y a-t-il alors quelque chose de particulier que vous avez remarqué chez les danseurs farnçais ?

MH : Oui, les français sont vraiment … Sensuels. La plupart des danseurs et danseuses que j’ai vus ici (ndlr : ESDLS 2005) et à Paris sont vraiment sensuels, ils n’ont pas peur d’être très proches lorsqu’ils dansent. En Scandinavie, par exemple, c’est différent, vous n’êtes pas si collés. Je trouve ça beau que deux personnes qui ne se connaissent pas puisse danser si « détendus ».

MP : Nous n’avons pas l’habitude de voir ça en Scandinavie que ce soit de la part d’une femme ou d’un homme. C’est comme si les Français avait une espèce de confiance en eux et en leur danse. Peut être qu’ils ne font pas les pas de la manière la plus originale mais ils s’amusent, ils ont tellement confiance en eux qu’ils se moquent que ce soit beau ou pas. C’est vraiment bien parce qu’ils expriment réellement quelque chose qui est en eux.

IR : Les gens sont plus proches des racines africaines, quand vous voyez les gens danser ils bougent leurs hanches, ils n’ont pas peur d’utiliser le haut de leur corps, on ne voit pas cela autant dans les autres pays.

Dans dix ans, vingt ans, ferez vous toujours de la salsa ?

MH : Oui !

MP : Absolument !

I : Oui… Je ne ferai peut-être plus des triples tours ni des portés mais c’est sûr que je danserai toujours la salsa !