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La Salsa pour les nuls – Quelques grandes non-vérités et idées reçues

18 juillet 2012 - Salsa pour les nuls

Petit résumé des non-vérités et autres lieux communs que l’on entend le plus souvent sur la Salsa

« Salsa = Carnaval de Rio, avec des plumes dans le c… »

Faux.

Non, on n’a pas dit « Samba ». On a dit « Salsa ». Rien à voir. La Samba, c’est brésilien, ça se danse seul, avec des plumes ou sans, c’est à vous de voir.

La Salsa, ça vient de la caraïbe hispanophone (pour simplifier), ça se danse en couple, sans quoi que ce soit dans le c…, et musicalement ça n’a rien, mais alors RIEN à voir avec la Samba.

« Salsa = Compay Segundo / Buena Vista Social Club »

Inexact.

La musique de Compay Segundo et de ses acolytes, c’est certes très joli, mais c’est dans la plupart des cas du Son cubain, ou d’autres genres musicaux populaires cubains. Le Son est pour ainsi dire l’ancêtre de la Salsa. De façon générale, Buena Vista Social Club jouent de la musique populaire cubaine sous sa forme la plus traditionnelle, alors que la Salsa, c’est de la musique :
– moderne,
– et pas forcément cubaine (voir question suivante).

« La Salsa ça vient de Cuba »

Oui et non.

Cela dépend de ce qu’on entend par là.

Ce point relativement complexe mérite un développement que je vous invite à lire ici : D’où vient la Salsa ?.

 » Salsa = Ricky Martin  »

Faux.

Archifaux.

Qui a dit ça ? Vous, là, au fond ? Méfiez-vous, j’en connais qui se sont fait tabasser pour moins que ça.

Donc, non ! Ricky Martin, c’est de la Latin House, ou de la Latin Pop, ou encore, une expression que j’affectione : du Latin-Boum-Boum, bref, de la pop / dance avec une légère touche latino. Pas grand chose à voir avec la Salsa, si ce n’est quelques petits emprunts musicaux à la Salsa, sur fond de boum-boum-olé-olé-les-touristes !

Voir à ce sujet le point suivant.

« Salsa = nom générique pour les musiques latines »

Ca dépend.

Beaucoup de gens vous diront que la Salsa, ça englobe le Merengue, La Bachata, La Cumbia, le Son, la Latin House, bref, tout ce qui est « latino » (ou pour être plus précis, tout ce que sonne latino à leur oreille).

Il convient là de distinguer deux choses : la réalité musicale, et l’usage.

Il est vrai que l’usage du terme Salsa, dans nos pays occidentaux, a par la force des choses fini par en faire une étiquette pour l’ensemble de ce qui est « latino ».

La réalité, elle, est plus complexe.

Tout d’abord, il est vrai que la « Salsa », à la base, n’était pas un genre musical. L’étiquette musicale « Salsa » a été dans les années 70, un outil de marketing pour vendre des disques qui incluaient bon nombre de styles, dont cha-cha, boléro, son montuno, etc…

Cela dit, les choses ont depuis évolué, et que si la Salsa n’était pas une musique, elle en est devenue une aujourd’hui. En effet, les morceaux à base de son, son montuno ou guaguancó, avec des arrangements qui ont évolué au fil du temps, ont fini par constituer l’ensemble des morceaux présents sur les disques des artistes se réclamant de cette tendence musicale. Aujourd’hui, lorsque l’on achète un CD de Salsa, on ne s’attend pas à trouver de Merengue, ou de Bachata dessus. Le danseur lui aussi, lorsqu’il demande une Salsa au DJ, ne s’attend pas à ce que ce dernier lui mette un Cha-cha-cha ni un Merengue.

Il faut donc distinguer deux cas de figure : le non-initié, qui appellera Salsa tout ce qui sonne latino à son oreille, à qui l’usage donne raison, et l’initié et/ou le danseur, pour qui « Salsa » a un sens bien plus réduit.

« Salsa = plan drague »

Ni vrai ni faux, et dans tous les cas pas plus vrai que pour une quelconque autre danse de couple…

On conviendra que tout un chacun est libre d’avoir les motivations qui sont les siennes pour se consacrer à telle activité ou à une autre. On ne peut donc pas exclure qu’un certain nombre de messieurs (ou de dames), dans la solitude et l’anonymat des grandes villes, voient dans le fait de sortir danser la Salsa une opportunité de faire des rencontres, voire plus si affinités.

On ne peut pas nier que la Salsa a le don de « rapprocher » les gens, dans la mesure où cela se danse à deux. Néanmoins, il est bien d’autres activités qui se pratiquent à deux, à commencer par toutes les autres danses de couple.

Je suis donc au regret d’avoir à calmer les ardeurs de tous ceux qui s’imaginaient déjà avoir découvert un milieu parsemé de proies consentantes, ou dans des termes moins crus, de célibataires dans des dispositions favorables.

Le Salsero moyen n’est pas plus dragueur qu’un autre, et n’est pas (du moins, pas uniquement) dans la Salsa avec cette finalité. Dans la Salsa, il y a d’abord la musique, la danse, l’ambiance festive et bonne-enfant, et tout un fond culturel à explorer.

Conclusion, messieurs, lorsque vous invitez une jeune fille à danser la Salsa sans savoir danser vous-même, dans l’unique but de la peloter, ne vous étonnez pas de vous faire méchamment remballer ; c’est comme partout ailleurs, il faut mettre les formes. Et vous, mesdemoiselles, sachez que la Salsa ne se danse pas collé l’un contre l’autre avec de frénétiques mouvements du bassin, et que si vous consentez à cela, il ne faut pas vous étonner ensuite que le monsieur veuille vous ramener chez lui.

« Salsa = danse de couple, truc de vieux »

Certainement pas.

Certes, la Salsa a le mérite de réunir sur une piste de danse tous les âges, toutes les catégories socioprofessionnelles, toutes les races.

Mais en France, actuellement, la grande majorité de la population Salsera se situe entre 20 et 40 ans. Et la « vague » latine ne fait que diminuer l’âge moyen du fan de Salsa.

« Le plus célèbre artiste de Salsa = Yuri Buenaventura »

Certes, ce que fait Yuri Buenaventura est très bien. C’est de la Salsa sous sa forme « classique », c’est très dansant, il ne manque pas de qualités vocales, ni d’originalité, et surtout c’est un vrai sonero.

Mais sachez que c’est un artiste dont la célébrité reste, pour l’instant, limitée à la France. Sur un plan international, Yuri Buenaventura est inconnu au bataillon. Aux Etats-Unis, certains connaisseurs auront sans doute entendu parler de lui. Quelques-uns auront entendu une chanson de lui. Mais il reste encore un illustre inconnu, étant basé en France, et ayant fait la majeure partie de sa carrière ici.

Il reste un artiste exceptionnel, et je vous recommande d’aller le voir en concert, c’est une véritable bête de scène. Mais il n’est pas à classer parmi les grands artistes fondamentaux de cette musique.

« Pour danser/enseigner la Salsa, il faut être cubain/latino »

Celui là, il a la vie dure.

Certes, être latino-américain ça peut aider, car l’environnement culturel est favorable. C’est beaucoup plus facile quand on a baigné dedans, quand on a entendu de la Salsa quand on était petit, et quand vos frères/sœurs la dansaient.

Maintenant, il faut mettre les choses au clair : beaucoup de latino-américains ne savent pas danser. Tout comme beaucoup de français ne sont pas de fins connaisseurs de vins, ne mangent pas de fromage qui pue à chaque repas et ne se promènent pas avec une baguette sous le bras.

Bien entendu, vous avez bien plus de chance de trouver de bons danseurs de Salsa à la Havane, à San Juan ou dans le Bronx, qu’à Aubervilliers. Néanmoins, la majorité des portoricains, des colombiens, ou des cubains, vont danser la Salsa comme les français vont danser le R&B; : au feeling. Ce qui en soi, n’est pas criticable, bien au contraire. Mais de là à l’enseigner, il y un un monde !

Le fait d’être latino ne garantit donc en rien les qualités pédagogiques de quelqu’un.

Donc, méfiez-vous des préjugés, et jugez sur pièce. Il n’y a pas de gène de la Salsa. Tout s’apprend, à condition d’y mettre de la volonté, et de ne pas se borner à la technique.

« Les noirs / ‘blacks’ dansent mieux que les blancs »

Encore un préjugé qui a la vie dure.

Il n’y a pas de gène de la danse. Il y a des milieux socio-culturels qui favorisent plus sa pratique, et qui n’y associent pas de préjugés négatifs.

Le resultat, c’est que vous aurez statistiquement plus d’individus d’origine africaine, ou antillaise, qui seront à l’aise dans une activité comme la danse, que d’Ardéchois de souche, au hasard. Néanmoins, je connais plein de « blacks » qui ne savent pas danser. Et dans la Salsa en particulier, on trouve un nombre impressionnant d’excellents danseurs de toutes origines ethniques confondues, y compris des suédois et des norvégiens.

Bref, enterrez vos préjugés, ça vaudra mieux.

Voilà pour les non-vérités.